Voyage à vélo au bout du monde

15.500 km – Australie – WE DID IT

Hello a tous !

Melbourne. Fin du voyage. Le bout du monde. On y est. 15.500 km de velo et quelques teleportations en bus, train et 1 avion. Des milliers de rencontres, des paysages, 20 pays et cultures differentes. « A lifetime trip » comme disent les anglosaxons. Nous sommes loges chez ma copine Morgane et ses deux colocs, prenons du repos, reprenons contact, et allons visiter les environs ce week end.

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Est-ce reellement termine ? Eh bien non. La vie nomade, les rencontres, rouler, la vie simple, je ne veux pas m’arreter la et je prevois de continuer pour encore deux annees autour du monde …

… non je deconne ! J’ai envie de rentrer les gars !

Mais tout de meme, nos longues recherches de billet retour dans une bibliotheque de Sydney nous ont amene a prendre a nouveau une decision surprenante: retour Melbourne – Londres le 12. Puis resteront 3 jours de velo et un Ferry pour Sylvain rejoindre les siens a Lille, et moi vous a Paris. Retour progressif donc et une vraie arrivee en velo.

Je vous donne donc rendez-vous des maintenant, le 15 decembre, disons 16h30 avant la nuit, sur la place du trocadero, a Paris ! La ou tout a commence le 16 fevrier 10 mois auparavant.

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Avant les articles d’epilogues, retour, conclusions et bilans que j’ecrirai pose dans une maison en region parisienne a ne rien faire pendant une semaine au moins, il me reste a vous ecrire un dernier article d’aventures loin de la France. 3 semaines d’aventures a velo en Australie. C’etait inattendu mais j’ai encore beaucoup appris et decouvert dans ce pays ou bien qu’a l’oppose du globe je me suis senti rapproche de la France.

On y va ? Les dernieres aventures d’un voyageur a velo !!! Au programme: la route en couple, la route seul, des retrouvailles avec Sylvain, des plages de reve, des hospitalites chaleureuses, une faune delirante, des forets interminables, 1.300 km, une chute digne du tour de France, ou comment j’ai appris a soigner des plaies tout seul a 27 ans.

– Sydney – Le Choc – 11-16 nov

– Plages de reve et voyage en couple – 17-24 nov

– Back on the road on my own – 25 nov – 1er dec

– Terminer le voyage tous les deux – 1er-4 dec

– Quelques Conclusions

– Bonus: impressions et photos de Christine !

Ca risque d’etre un peu long, il y a trois semaines a raconter, accrochez vous ! Les photos: ici ! Je les ai commentees pour une fois.

Sydney – Le Choc – 11-16 nov

Nous avons pris l’avion de Kuala lumpur. Premiere fois qu’on embarquait les velos dans un avion. Evidemment

sur les 10 km de velo jusque l’aeroport, nous avons pris une belle saucee pour nous tremper les chaussettes pour les 15 heures de vol a venir ! Au stand d’emballage des bagages dans des films plastiques, nous avons degonfle les pneus, demonte les pedales et une roue, tourne le guidon, et emballe le tout dans plusieurs tours de film plastique. Le paquet est bien passe au Check In, ainsi que nos 20 kgs de sacoches et la guitare etc … Pour ceux qui voyagent en Asie en velo je recommande AIR ASIA ! Genial pour les velos et sans surprises. Malheureusement ils ne font que des vols en Asie.

Puis 10h d’avion, premier vol pour Sylvain qui le pauvre etait dans la rangee du milieu. Il n’a pas pu voir a l’arrivee en Australie le desert a perte de vue. Au sortir de l’aeroport, il fait BON ! Tout simplement bon ! Pas de chaleur ecrasante ! J apprecie. Puis Sydney, debut des galeres. Nous remontons les velos. Sommes prets pour aller en ville ! Premier stress: il nous faut un casque, parait qu’on prend facilement une amende ici ! On finit par avoir des nouvelles de nos CSurfers, on passe deux nuits sympas chez eux. Tout est cher. Venant d’Asie du Sud Est on le savait mais ca fait mal au porte monnaie. On passe une apres midi entiere a chercher un avion pour rentrer, le moins cher arrive a londres le 12, puis on passe encore du temps  a comprendre leurs regulations concernant le transport de velos etc …

Le lendemain la belle Christine arrive ! Youpi ! Un bon bout de temps qu’on ne communiquait que par e-mails, il etait temps qu’elle decouvre ma vie a velo. Et elle a vite plonge dans le bain. Nous sommes a Sydney  elle sort d’un vol d’une journee et je lui annonce que je n’ai pas de logement pour ce soir ! Avec Sylvain nous finissons par aller dans une auberge de jeunesse, blindee et bruyante pour deux fois le prix de l’hotel de luxe qu’on s’etait offert en Birmanie !! Choc culturel … Sur la route de l’hotel on se fait faire la morale par des automobilistes bien tranquilles dans leurs voitures psq deborde trop de la route … Ou sont les sourires des asiatiques ? Le lendemain nous decidons de partir ASAP, cette ville ne veut pas de nous. Dans des commerces je demande a charger mon balladeur, ils m’envoient ballader alors que la prise est sous leur nez ! Mes amis chinois, Laotiens, thailandais comme vous me manquez !

Nous partons donc. On dit au revoir a Sylvain, il part pour son aventure australienne Velo-Skateparks. Le mec et toute sa fratrie sont passionnes de Skate. Oui ces gens qui ecoutent du Rock tres fort et qui evoluent sur 4 roulettes, c’est eux. Premiers coups de pedale avec Christine, je dois adapter mon rythme evidemment et apprendre la patience. Ca mettra 3 jours pour que je sois en paix avec ce rythme. J’ai encore appris. La banlieue est longue chiante et dangereuse, et les routes vallonnees. On a beaucoup roule. Il pleut. On est a la limite entre la banlieue et la foret. Je prefere chercher un garage tant qu’il y a des habitations que de plonger dans cette sombre foret. L’hospitalite en banlieue ? la plus difficile … personne n’est dehors, les maisons font la gueule, des residences a perte de vue, on tourne. Retour en Pays occidental. Je n’ose pas demander directement aux gens l’hospitalite ca ferait trop bizarre. En campagne ok mais la en banlieue residentielle … on tourne. J’ose pas. Je perds confiance. Aucune maison n’est engageante. Personne dehors. La nuit approche. On demande aux gens des lieux publics esperant qu’ils nous invitent vu la tete de voyageurs qu’on a, mais non. On se resigne a aller dans un hotel hors de prix qui serait a 2 km d’ici. Je suis au bord des larmes. J’en veux aux gens. Pourquoi ne pas nous inviter tout simplement ? Ca ne leur vient meme pas a l’esprit. Le spot de banlieue, le plus dur a trouver. Ce soir j’ai perdu.

On se perd dans les rues, je suis deprime. Dans un dernier elan, je vois au bord de la route une maison avec un porche de garage. Je sonne. « Vous pensez qu’on peut s’abriter sous votre garage ce soir ? On a tout ce qui faut, tout ce qu’on demande c’est un toit !  »   « Oui bien sur !  » Yipii heaah ! On s’installe sous le porche et petit a petit on rencontre la famille. Jackie, son copain motard, sa maman. Ils nous apportent du the, des gobelets, nous donnent acces aux toilettes. Une vraie hospitalite simple quoi ! Ca me re-remplit d’energie positive. J’ai GAGNE ! Et suis content de montrer a Christine comme la rencontre par l’hospitalite est bien plus riche qu’un hotel ou un camping.

Le lendemain matin nous sommes invites a partager leur breakfast. C’est en fait une famille tres simple, tres soudee, tout le monde vit dans la maison, freres, soeurs, copains, copines, papa, maman, petits enfants. Peu de moyens. Il faut bosser pour s’en sortir. Je ressens l’amour dans cette maison, ils nous en donnent un peu, ils nous racontent leurs projet de demenager dans une maison plus confortable, ils se confient. Bref nous quittons cette banlieue pleins d’energie positive. Premier soir, premiere hospitalite ici.

Plages de reve et voyage en couple – 17-24 nov

Deuxieme jour – On doit traverser cette grande foret tres tres vallonee. C’est un depart un peu hard pour elle, les pentes sont tres raides. Citation Christine Kim, apres 40 km de foret « I m going to fuckin die in this fuckin forest !!  » Elle aussi apprend la patience a velo ! Et la fierte de l’avoir fait et d’avoir merite son repos. Une plage magnifique nous attendait derriere la foret. On y traine les velos, on s’installe, au calme. Christine me coupe la barbe au ciseaux. Nuit a la belle. Le lendemain le voyage paisible que j’avais promis a Christine commence enfin: plages, velo, Chill, rencontres, soleil, guitare. On emprunte les voies velo qui longent la plage. Ces petites voies sont destinees a notre rythme, et j’y prend maintenant plaisir. Je suis en paix avec ce rythme, je suis Christine. Je vous laisse voir les photos a ce niveau. Le soir on se trouve une autre grande plage de sable fin pour poser les tentes. Une formation nuageuse etonnante nous fascine. Seance photos. Le vent se leve brutalement et  on plante la tente sous les buissons abrites du vent.

Le lendemain, le velo n’est pas interessant, on passe derriere Wollongong dans des zones industrielles, et il pleut regulierement. Alors que j’attends Christine qui fait les courses, un vieux qui en sort m’aborde voyant les velos. Adrian a 88 ans, il a souvent voyage a velo en Australie et nous invite a dormir chez lui. Il faut faire 3 km en arriere mais il ne faut jamais refuser une invitation ! Adrian vit seul, c’est le bordel dans sa maison et ca sent la pisse. On pourra dormir par terre dans une de ses chambres. Il nous raconte sa vie, ses annees a l’armee en indonesie en 50, ses enfants, les photos de ses petits enfants. Le mec fait tous les jours ses 3 km aller retour en velo pour aller chercher sa bouteille de vin. Sa preoccupation c’est de se bouger. Ne pas vegeter. Il appelle ca « self disciplin ! « . On l’ecoute ! Christine est balaise pour ca elle pose toujours les bonnes questions pour faire parler les gens et elle parle nativement anglais ! Ca aide ! Moi je comprends pas toujours tout. En velo souvent les australiens m’abordent avec des petites phrases surement pleines d’humour « ? »+#$%#$ pushbikes yeah? » Je reponds « Yeah ! ». Bref, super rencontre encore et une nuit au chaud a l’abri. Adrian nous fait regarder un film des annees 80 pour ados, qu’il a du regarder 1000 fois. Il nous repete: « what i like in this movie is its simplicity ! » Il y a la une connection avec moi, je parle de simplicite toutes les 3 lignes dans ce blog.

Le lendemain Adrian voudrait qu’on reste, c’est touchant, mais la route nous appelle. Ce jour la on fait les photos de ces vagues qui se cassent brutalement sur les falaises. On se sent petits. C’est beau.

L’heure de chercher a camper, il fait beau. On rencontre Barbara qui nous aide a observer une baleine qui passe dans la baie. On lui demande ou camper et elle nous invite chez elle ! Elle vit avec sa fille Megan mariee a Grahms et ses deux petites filles Lucy et Ella. Quel accueil ! On fait partie de la famille a nouveau. Ils nous donnent la chambre d’amis, lit king size, internet, diner ensemble. Nous sommes invites a rester le lendemain, on ne dit pas non ! On part visiter la foret tropicale avec Megan, sa nouvelle maison, etc .. etc … deux belles journees de detente donc. Ca aurait pu etre un CouchSurfing, mais ca a un gout different quand c’est une rencontre imprevue. Merci tellement a toute la famille !

La route nous appelle quand meme. Toutes nos rencontres nous ont dit d’aller a Jervis Bay. On prend un petit train pour s’avancer, on pedale 30 km dans la foret et on se retrouve sur une plage. Le spot est parfait. Plage de sable blanc. Deserte. Un petit replat entoure de buissons pour nous cacher et nous proteger. Chill. Guitare. Relax. Manger. C’est bon de se donner le temps. Le lendemain, on roule 15 km de plus pour atteindre une autre plage. Caves Beach. Comme son nom l’indique, deux grottes dans les falaises forment la limite de la plage. Le vrai repos semble etre ici. Un camping tout propre se trouve au dessus de la plage, des locaux me disent qu’ils ont paye 25 dollars pour le droit de poser leur tente sur un carre d’herbe !! Insense !! Mais y parait que les salaires sont proportionels au cout de la vie dans ce pays. En gros nous pauvres francais on se retrouve dans la meme situation d’un Asiatique qui vient visiter Paris !

Les Kangourous sont la, tranquilles. Ils font un petit saut nonchalant si tu les approches de moins d’un metre. C’est tout. Je trouve que sauter n’est pas un moyen tres efficace pour se deplacer et je les plains un peu.

Le lendemain, on se dit au revoir, dans un mois a Paris. Cheres soeurs, tantes et mere, tout s’est bien passe vous en faites pas et vous rencontrerez surement cette petite americaine bientot.

Back on the road on my own – 25 nov – 1er dec

Je me retrouve seul. Je tente 30 mn de revendre le velo de Christine au prix que les gens voudraient. En vain. Je finis par le laisser avec un mot (photos). Je rencontre par hasard Kathy, amie de megan et ses deux enfants qui ont fini par s’attacher a moi ! Aaron a voyage deux ans a velo avec son amie, meme trajet que Sylvain et moi, en passant deux fois plus de temps dans chaque pays. Quelle aventure ! En me voyant il m’a donc tout naturellement invite chez lui. Je ne refuse plus les invitations, meme si j’ai de la route a faire. On passe une bonne soiree avec sa famille. Le lendemain c’est reparti. Sylvain a 3 jours d’avance sur moi, on se donne rendez vous dans 5-6 jours, a 4 jours de route de Melbourne. Je dois avancer un max maintenant, j’ai fait 200 km, il m’en reste environ 1000. Je roule une centaine de km ce jour la. J’ai un peu trop pousse je suis extenue, mon corps doit se remettre en mode sportif. Je me trouve une belle plage a nouveau, mais le camping seul c’est pas bien marrant. Mais alors pourquoi j’etais heureux seul sur la route en Asie ? je commence a entrevoir la reponse : les gens, il me faut du monde, du contact.

26 nov – Le lendemain. Je reprends la route. Toujours tres vallonnee, Up and Down, changement perpetuel de vitesse. Je pense efficacite, c’est Sylvain qui avait raison: pousser un maximum en bas de la descente pour avoir le moins possible a remonter une fois l’inertie de la descente perdue. Efficacite.

Je prends une de ces descentes comme d’habitude, 40 45 kmh en bas de la descente. Ca remonte. Je prends une bosse, je l’avais pourtant vue. Je perds le controle, ca se passe tres vite, pas le temps d’avoir peur, mais cet horrible sentiment que tout s’effondre une fraction de seconde. Je me retrouve couche sur mon cote gauche. Je rape, je rape sur le goudron sur 10 bons metres, puis m’immobilise. Oui ca vient de t’arriver mon pote, tu as chute. Silence. Suis sous le choc. Je ne bouge pas je reprends mes esprits. Une crampe a la cuisse droite, pas grave je detends la cuisse. Puis le check up … je regarde lentement mon bras gauche, dans quel etat je vais le retrouver ? Ouf, ca a l’air d’etre superficiel, des grosse ecorchures pas plus grave. Une gene a l’epaule quand meme … Des gens sont venus m’entourer, j’etais en ville. Check up de l’epaule … luxation ?  j’arrive a faire tous les mouvements sans douleur. OUF ! Les voisins me recueillent le temps de me soigner. Je suis loin d’etre un superhero face a la blessure les gars, et je remercie aux gens d’avoir pris soin de moi, car bien que je n’aie rien de serieux je suis content d’avoir de la compagnie plutot que de vivre ca seul. Je pense a Sylvain et ses 4 chutes d’affilee pratiquement seul a chaque fois, voila un grand guerrier. Je pense a mon pote Julien qui a eu une mauvaise fracture a l’epaule suite a une chute a velo.

Le Long Haul Trucker , les sacoches ? Pas une egratignure le petit bonhomme rien de casse, voila du bon matos !

Bon, on desinfecte, on bande mes blessures, on met des glacons sur mon epaule endolorie. Je peux repartir. Le pire est a venir: c’est la perte de confiance. 10 mois de voyage, pas une chute ! Et c’est arrive. Je ne suis pas invincible ! Les accidents ca arrive, et je suis bien chanceux sur ce coup la ! Et je roule maintenant avec la peur de la chute. L’apres midi je vais a l’hopital du coin, je suis toujours gene par mon epaule. Tout le monde se preoccupe de mes plaies, mais je viens pour que voyiez mon epaule ! Si je peux faire tous les mouvements c’est bon m’assure le docteur. Je reprends la route. Des kilometres de foret et j’atteins un camping gratuit. J’aime l’australie ! Le pays des campeurs ! Des campings bien tondus sur la route, tables et barbeques gratuit. On y rencontre toujours deux ou trois voyageurs en camping car ou caravane.

Bander mes plaies sans protection en dessous, l’erreur etait la, basique, mais j’apprend. Les plaies ont commence a bosser a travers le bandage que je dois douloureusement arracher ! Je desinfecte regulierement.

Je pense apres reflexion que je dois ma chute au grand desequilibre de mes deux sacoches avant. Je venais de faire les courses et ma sacoche bouffe etait tres chargee. Face a la bosse, la sacoche oposee est partie en avant et la sacoche lourde restee en arriere, ca a fait tourner mon guidon vers la droite et fait chuter du cote gauche, ca fait du sens. Une lecon de plus, attention a l’equilibre de tes sacoches avant a grande vitesse.

27 novembre – Reveil douloureux. L’epaule et les plaies font mal. Je suis gene dans mes mouvements. Je dejeune. Je repacke et back on the road. Foret, toujours la foret et ses milliers de chants d’oiseaux dignes des meilleurs films de pirates. Le docteur avait dit  a propos des plaies : »and keep it dry ! », j avais repondu « yeah, i m not gonna swimm to much ! » Naif. Il pleut … Ca aide pas a garder au sec. Si je les protege sous mon Kway, je transpire : Je suis baise. Pas moyen de garder au sec. Je desinfecte un max.

J’ecoute Bob Dylan cet apres midi la. C’est bien de la musique de voyageur, il me parle. Je suis plus en forme apres ces 3 jours seuls, j’attaque les montees bon train. J’ai troque l’efficacite pour la prudence dans les descentes, je n’ai pas repris ma confiance encore, je freine dans les descentes, encore controle par la peur de la chute. Dire que c’est moi qui forcait Christine a se laisser aller en descente ! Je fais des pauses avant d’etre fatigue, c’est Elie qui avait raison quand on en debatait en Turquie. Il faut faire des pauses et bouffer avant la fatigue sinon la route devient un enfer et tu es oblige de t’arreter dans un endroit qui ne te plait pas. Le truc c’est qu’ici, retour en pays occidental, tu peux faire 30 km sans le moindre village ou magasin, juste de la foret. Je suis okay pour rouler jusqu’a la fatigue si je sais que je trouverai un restau tous les 5 km, pour apprecier mieux la pause, comme en Asie. Mais pas ici. Il faut prevoir plus les etapes ici.

Le soir, le temps est incertain, je vois une belle grange et un garage ouvert. Kevin, la cinquantaine est l’homme a tout reparer du riche fermier qui possede les champs et vaches autour. Il m’invite a dormir dans la caravane sous le garage, sa maison. Il vit de sa faible pension et s’ennuie parfois. Il joue aux jeux videos donc. Voila comment je me suis retrouve ce soir la sur un canape a jouer a GTA4 ! Il prevoit de voyager avec un van autour de l’australie d’ici deux ans. Je le lui souhaite ! Le lendemain matin je le reveille a 6h pour la photo depart, et repars sur la route ! (d’ou la photo avec lui en Slip ! )

28 Nov – La route. Toujours beaucoup de cotes. Et seul je philosophe, commence a tirer des conclusions. C’est excellent d’avoir termine par l’australie, pays occidental, pour comparer, redescendre du nuage asiatique et apprecier les pays comme les notres. Je croise Chloe,francaise voyageuse a velo, 23 ans, elle fait le tour de l’australie en un an. On echange le temps d’une pause. Elle aurait campe pres d’un voyageur a velo il y a deux jours mais il est arrive trop tard et elle est partie trop tot. Un voyageur a velo qui se leve tard quand il roule seul  et qui a deux jours d avance sur moi ? Ca me fait bien penser a quelqu’un ca !

Une descente, je commence a reprendre confiance en ma conduite et mon velo … puis la roue se bloque a 30 kmh ! Je derape sur 20m au moins tout en gardant le controle ! Belle frayeur. Je souffle. Check up … le garde boue a ete entraine par la roue et s’est enchevetre entre la roue et le porte bagage !! Le matos arrive a bout de souffle: garde boue, compteur brise, sac de tente dechire, matelas casse, plus que 2 paires de chaussettes dont une trouee, pantalons troues etc… etc… Allez, plus que qq centaines de km !

Je pousse ce soir la jusqu une aire de camping gratuit. Rencontre de deux voyageurs suisses a moto.

29 nov – Leve 5h30, depart 7h30. Temps toujours mitige pas propice a la cicatrisation. Reveil toujours douloureux. Je roule toujours dans la foret. Suis dans une session de 300 km sans grande ville, j’ai quitte la cote. Au detour d’une cote, je rattrape deux cyclos ! C’est rare de croiser des cyclos dans le meme sens que toi. Ils etaient la, sur ma route, les voyageurs au tres long terme, ceux dont c’est le choix de vie ! Isabelle et Bruno, la cinquantaine, Francais, roulent autour du monde depuis 2006 ! Allez les voir sur http://www.roueslibres.net/ ! On echange sur nos voyages, nos philosophies de voyage. Eux aussi frappent aux portes et demandent un garage, tous les soirs. Demander l’hospitalite est une excuse pour rencontrer, ca enrichit les deux partis. Nous passons l’apres midi ensemble puis je repars vers 17h. Ces deux la auraient pu etre mes parents … clin d’oeil a papa et maman ! Je rencontre tout le contraire juste apres les avoir quittes ! Les deux cyclistes qui font Sydney Melbourne en 6 jours, 200km par jour, suivis par un van ! (photo)

10 km plus loin je marche dans l’allee d’une ferme, ils ont une grange tentante ! Personne a part 4 chiens … pas l’air agressif. Apres 10 mn je ne sais pas pourquoi ils se sont mis tous les 4 a courir vers moi en aboyant. Pas la peine de courir ca les exciterait plus ! ils se rapprochent, vont ils me sauter dessus ! Une grosse peur de ma vie. Par reflexe acquis en velo je tente timidement de gueuler aussi … Ils s’arretent a 1m et gueulent quand meme dessus. Je repars un peu tremblant. Putains de chiens, putains ! Pourquoi ? POurquoi caler un chien chez soi pour gueuler sur le premier etranger qui passe ? Anti Humain !! Anti Rencontre !! Dressez vos chiens a AIMER les etrangers ! Peur de quoi ? QUe je vienne voler votre tracteur en pleine campagne ? Bon apres peut etre que je sais pas y faire avec les chiens c ‘est vrai. Moi j’ai grandi avec un chat – dedicasse a bolero, RIP, je comprends les chats, je leur parle. Pas les chiens. Anti Humains ces betes. Le meilleur ami de l’homme ? Le meilleur ami de leur maitre seulement oui ! Fait pour les gens qui aiment rester chez eux.

Donc je pousse, je pousse, la nuit arrive, pas envie de camper seul dans la foret, je pousse 30 km jusqu au prochain camping gratuit. J’y arrive de nuit. Manger. Dodo.

30 Nov – 5h30. Je suis en pleine forme, mon corps est passe en mode sportif. Je ne fais plus caca que tous les 3 jours. Tout est consomme en energie. Je fais plus de cent km par jour dans ces regions vallonnees. La bouffe est mon carburant. Je l’achete en supermarche, j’en remplis mes sacoches et je consomme a chaque pause. Je suis passe en mode sportif. J’avale les kilometres ce matin, j’ecrase les pedales Je peux rouler plus vite, plus longtemps. Je peux le faire: rejoindre Sylvain a notre point de rendez vous a 110 km de la. Rouler, musique, pauses, manger, rouler. J’y arrive a 14h, et voila ce grand barbu au milieu d’un stade de foot en train de chercher son skatepark perdu dans cette petite ville paumee !

On reprend la route ensemble, on se raconte nos histoires. Les routes australiennes sont dangereuses, pas toujours de bande de cote, et les camions filent a toute allure, je me fais froler 3 fois par jour. Pour la PREMIERE fois du voyage, j’ai reellement peur au passage des camions. Dans les autres pays ils etaient lents, j’etais en confiance. Ils sont dingues, ils devalent les pentes bourres d’inertie.

Arrives a une ville, un chien traverse la route, un peu fou ! 100m plus loin, une mamie avec une laisse a la main !

« Auriez vous perdu votre chien ? Je l’ai vu la bas ! »

« Merci ! »

« Au fait vous connaitriez pas un camping gratuit dans cette ville ? »

« Venez dans mon jardin !!!  »

Et voila comment on s’est retrouves autour d’un excellent repas prepare par Melva et Jim, et qu’on a dormi dans leur caravane de jardin.

Terminer le voyage tous les deux – 1er-4 dec

A partir de la nous roulons comme au bon vieux temps tous les deux. La route est plate jusqu’a Melbourne nous dit on ! Il nous reste environ 350 km. La route ne pouvait pas etre QUE plate apparemment, il fallait qu’on aie un fort vent de face, pour nous rappeler nos meilleurs souvenirs d’Asie Centrale.

On roule 100 km par jour environ, en 6h30 par jour, souvenirs du turkmenistan … Il n’y a rien d’autre a faire qu’a rouler, manger. Heureusement on a eu la bonne idee d’echanger nos balladeurs pour changer de musique un peu et decouvrir de nouveaux groupes.

Premier soir, nous dormons dans la caravane d’une locale a nouveau. Second soir dans un camping gratuit.

Le dernier soir, nous frappons a une porte. La femme n’est pas tres souriante mais appelle son mari. Ils ont une grande ferme mais n’ont pas vraiment de toit pour nous, ils nous proposent la chambre de leurs enfants partis …. pour 20 dollars ! On explique qu’on n a pas l habitude de payer, ils disent ok. Ils ont l’air malheureux. Ils communiquent peu. Une derniere epreuve: creer une relation avec ces gens pour ne pas rendre cette hospitalite bizarre ! On pose des questions, on s interesse a eux et petit a petit ils aiment parler d’eux et posent des questions sur nous. Ils ont toujours bosse dans cette ferme toute leur vie, pas de repit, il faut payer les factures. ils font dans le lait. N’ont jamais voyage. La vie n’est pas rose pour eux. On finit donc par echanger et tout le monde repart content le lendemain.

4 decembre, fin du voyage. Journee de merde. La pluie, le soleil, le froid, le vent de face, on change nos vetements toutes les 5 mn. Et l’arrivee en grandes villes, le traffic, le traffic, la pluie. Journee moche. Mais quel bonheur de voir Morgane quand elle nous ouvre la porte, heureuse de nous voir arriver egalement !!

On a le droit a un bon repos dans la grande maison qu elle partage avec ses colocs sympas.

Conclusions

Conclusion 1: le voyage en pays occidental, la France, l’Italie, l’Australie, est bien le plus dur et inconfortable. Tu dois a priori camper tous les soirs, tu ne peux pas te permettre le restaurant, l’hotel, les voitures sont rapides, moins de sourires sur la route. En revanche les rencontres sont plus intenses car on peut approfondir les conversations car on parle le meme langage. L’Asie du Sud est est bien la region la plus facile, car il y a de la vie partout sur la route, et la nourriture est accessible, tu es un voyageur venu de loin, tu peux frapper aux portes, il y a toujours des gens dehors.

Paradoxalement, l’australie est probablement le pays le plus hospitalier que j’ai rencontre. J’ai beau raconter toutes mes difficultes pour chercher une hospitalite: je n’ai jamais rencontre de refus lorsque j’ai frappe a une porte. Le vrai probleme c’est que les maisons sont vides ! Personne autour a part les chiens pour la garder !

Conclusion 2: Une conclusion de mes voyages seul: j’aime voyager seul a condition de rencontrer tous les jours. Je ne suis pas heureux dans la pure solitude. Faire un trip dans la nature, montagne ou quoi, oui j’aime, mais avec mes amis. S’il s’agit de faire la route,voyager, je trouve mon bonheur dans les rencontres. Oui les gars, ca fait cliche, mais ils avaient raison, le voyage est une histoire de rencontres. Je ne suis pas bear grills, robinson crusoe, je cherche la compagnie. Chaque rencontre remplit mon reservoir d’energie positive. Je repars de chaque rencontre plus riche et plein d’energie positive, jusqu’a la prochaine ! Je me suis demande: quelle raison aurais-tu de vivre si tu etais seul sur terre ? Quelle raison de vivre pour toi meme en fait ? J’ai visiblement besoin des autres, je demande de l’aide tout le temps en voyage, ca fait des pretextes pour se rencontrer, tout simplement. C’est pour ca qu’on vit regroupes dans des villes non ?

Voyager seul, c’est pas bien different de vivre seul a Paris les gars ! Toute la journee tu rencontres du monde, et le soir tu es seul chez toi. Pareil en fait.

La grande solitude a surement qqch de bon pour reflechir sur soi, il me faut peut etre atteindre un niveau superieur de sagesse mais ce sera pas pour cette fois. J ai encore le temps de changer. Voir ce bel episode de Jimi https://vimeo.com/54039717#at=480 qui a beaucoup appris durant sa traversee seul du desert du takhlamakan

Question ouverte

Il faut que j’en parle. Ca me travaille trop. J’en ai debattu avec tous mes potes, je veux votre avis : Quel est l’effet d’un vent pur de cote sur le cycliste ?  A priori aucun, tu compenses la force en te penchant du cote inverse … mais un vent de cote ca ralentit sacrement ! Ca augmenterait pas la densite du vent ? Qu’est ce que ca vous fait si je vous dit que un vent de cote aura la meme influence qu’un vent qui arriverait de DESSUS. QUEL EST VOTRE AVIS ????

Voilou les amis, FIN DU VOYAGE. Reste un epilogue: Londres Paris, puis quelques articles sur mes impressions du retour a venir.

Au revoir, A bientot !

BONUS – Les Impressions et photos de Christine

Quelques photos et commentaires de la belle Christine qui a partage la vie a velo pendant 10 jours !

 » Chaque jour, on se réveille et dort avec le soleil, épuisés mais toujours bien satisfaits. Dans ce monde, il faut simplement avancer, avoir assez de manger et trouver un endroit sympa pour dormir tranquillement. (Note: Quand on mange avec Pierre, il faut être vite avant qu’il mange tout !!) Cette vie n’est pas toujours facile, surtout quand il y a des collines interminables, mais on continue et après, on apprends que ça vaut la peine.

Le meilleur moment de la journée est quand on arrive dans une plage perdue et paisible ; on crée notre petite maison au milieu de la nature, avec le sable blanc sous les pieds nus et la mer et ses vagues qui nous tient compagnie. Au coucher du soleil, c’est l’heure de manger, lire et jouer de la guitare devant une vue magnifique. Et quand on a de la chance, on partage nos vies avec des nouveaux amis et des kangourous ! Qu’est ce qu’il y a de plus beau que ça ?

 »

Plus de photos de christine sur :  http://www.8ruecaffarelli.com/

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18 Réponses

  1. Flo

    respect Pierre… merci pour ce post que j’attendais avec impatience. Tu n’es plus le petit frère mais le GRAND frère ! Hâte de te retrouver et de partager nos vies, moins paisibles que la tienne en ce moment
    Grosses bises

    décembre 6, 2012 à 8:30

    • mallerep

      Ba ouais, c est pour bientot et on devrait pas mal se voir. Vous savez tout de moi ! a vous de me raconter vos lifes ! BIse

      décembre 7, 2012 à 3:14

  2. Marie

    ah j’ai vraiment cru que tu repartais pour 2 ans!
    alors bilan de mon côté: on te connait mieux depuis que tu es parti! et oui tu n’as jamais autant raconté ta vie que cette année, même la fréquence de tes cacas c’est dire!
    Donc ct bien agréable de lire tes impressions et tes leçons de vie, sur l’hospitalité et les rencontres vraies. Est-ce que j’ouvrirai pour autant mon garage si un type genre clochard vient frapper à ma porte demain? pas sûr mais au moins j’y réfléchirai. S’il a une guitare et un vélo? peut-être.

    décembre 6, 2012 à 8:39

    • mallerep

      ben si c est un clochard pas sur que je lui ouvrirais. Mais un voyageur souriant alors qu il pleut ? On en debattra. Je te parlerai egalement plus de mes cacas a l avenir egalement puisque ca te rapproche de moi. Bise

      décembre 7, 2012 à 3:13

  3. Marie

    ah je me suis faite doubler par Flo! à 9 mn près!

    décembre 6, 2012 à 8:40

  4. Micky

    Felicitations les gars, c’etait une belle ballade!

    décembre 6, 2012 à 9:08

  5. Hello Pierre,
    bravo pour ce que tu as accompli et pour ton blog ! Vraiment riche en émotions en tous genres. Regarde bien au pied de la Tour Eiffel le 15 décembre (tu dois savoir que je ne suis pas bien grande). Tu apprendras peut-être où je serai le 24 décembre… (là je cherche ma pompe à vélo, si je ne la retrouve pas je crains de devoir prendre l’avion, c’est bête…)
    Aline (Elie’s mother)

    décembre 6, 2012 à 10:22

    • mallerep

      Merci ! Peut etre se rencontrera t on le 15 a mon arrivee !
      Pierre

      décembre 7, 2012 à 3:09

  6. Ce pseudo ridicule qui apparaît automatiquement avait été choisi avec Qui vous savez. J’ai oublié de le changer avant d’envoyer le post… donc c’est bien Aline

    décembre 6, 2012 à 10:26

  7. Nono

    Holly shit, dude ! t’as emmené ton short légendaire jusqu’en Australie! Mythique…

    décembre 6, 2012 à 3:14

    • mallerep

      oui mec ! toujours present mon short ! Tache de noir sur le cul maintenant. C est devenu un short de voyage, encore plus mythique

      décembre 7, 2012 à 3:09

  8. moonlight

    je suis jaloux. mais j’espère bien que tes plus grandes aventures sont encore devant toi.
    (j’ai une liste dont on pourra parler)
    rentre vite.
    bise

    décembre 6, 2012 à 5:28

    • mallerep

      mec on a tous les deux de notre cote appris sur la vie cette annee. Plus forts, on est prets a faire des choses plus grandes ! L’atlantide, les exo planetes ?

      décembre 7, 2012 à 3:08

  9. Léa Malleret

    Respect ! Bravo pour cette aventure et merci de l’avoir partagé avec nous et de nous avoir fait voyager avec toi, et de m’avoir sorti un peu de temps en temps de mes bouquins de médecine 🙂 On se verra peut être le 15, ça dépendra de l’état de mes révisions (mon concours est 3 jours après..)
    A bientôt dans tous les cas !
    Léa

    décembre 7, 2012 à 8:43

  10. Malleret Agnès et Jean-Paul

    Pour partager notre joie de retrouver Pierre et le remercier de nous avoir conté ses aventures par ce blog passionnant, nous lançons ces deux invitations à tous ses amis:
    – samedi 15 décembre, nous attendrons Pierre à partir de 15h30 au « Café du Trocadéro » 8 Place du Trocadéro . Consommations offertes.
    – Ensuite, tous ceux qui le veulent, présents ou pas au Trocadéro, sont invités chez nous 17bis, rue du Bel-Air à Conflans Sainte Honorine (5mn du RER A, branche Cergy, station Conflans fin d’Oise, 25mn de l’Etoile), un buffet vous y attendra et le champagne coulera.
    Merci de relayer sur Facebook
    Agnès et Jean-Paul, les parents de Pierre

    décembre 9, 2012 à 6:44

  11. Denis Malleret

    Cher Pierre,
    C’est peu de dire que je suis fier d’être le parrain d’un mec comme toi !
    je serai là samedi évidemment
    Mamie t’attend
    Nous t’attendons tous
    Denis

    décembre 12, 2012 à 8:30

  12. maman sylvain

    Salut Pierre. Bravo ! Vous êtes allés jusqu’au bout ! Je te remercie d’avoir partagé avec Sylvain les bons moments et ceux plus compliqués à vivre peut-être ! A travers tes écrits, j’ai l’impression de te connaitre un petit peu.Merci de nous avoir fait partager ce beau voyage. Pendant 10 mois nous avons voyagé avec vous par l’intermédiaire de vos blogs que nous étions pressés de consulter. On aimait bien aussi lire tous les commentaires.Alors à bientôt et bon retour au trocadéro !

    décembre 14, 2012 à 6:12

  13. Aude

    Pierre,
    BRAVO.
    Bravo d’avoir osé, d’avoir tant pédalé, d’avoir tant persévéré, d’avoir tant réfléchi, d’avoir réalisé un grand projet,.
    Merci de nous avoir montré ce qu’il est possible de faire dans la vie.

    décembre 17, 2012 à 3:59

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