Voyage à vélo au bout du monde

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15.500 km – Australie – WE DID IT

Hello a tous !

Melbourne. Fin du voyage. Le bout du monde. On y est. 15.500 km de velo et quelques teleportations en bus, train et 1 avion. Des milliers de rencontres, des paysages, 20 pays et cultures differentes. « A lifetime trip » comme disent les anglosaxons. Nous sommes loges chez ma copine Morgane et ses deux colocs, prenons du repos, reprenons contact, et allons visiter les environs ce week end.

ididit

Est-ce reellement termine ? Eh bien non. La vie nomade, les rencontres, rouler, la vie simple, je ne veux pas m’arreter la et je prevois de continuer pour encore deux annees autour du monde …

… non je deconne ! J’ai envie de rentrer les gars !

Mais tout de meme, nos longues recherches de billet retour dans une bibliotheque de Sydney nous ont amene a prendre a nouveau une decision surprenante: retour Melbourne – Londres le 12. Puis resteront 3 jours de velo et un Ferry pour Sylvain rejoindre les siens a Lille, et moi vous a Paris. Retour progressif donc et une vraie arrivee en velo.

Je vous donne donc rendez-vous des maintenant, le 15 decembre, disons 16h30 avant la nuit, sur la place du trocadero, a Paris ! La ou tout a commence le 16 fevrier 10 mois auparavant.

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Avant les articles d’epilogues, retour, conclusions et bilans que j’ecrirai pose dans une maison en region parisienne a ne rien faire pendant une semaine au moins, il me reste a vous ecrire un dernier article d’aventures loin de la France. 3 semaines d’aventures a velo en Australie. C’etait inattendu mais j’ai encore beaucoup appris et decouvert dans ce pays ou bien qu’a l’oppose du globe je me suis senti rapproche de la France.

On y va ? Les dernieres aventures d’un voyageur a velo !!! Au programme: la route en couple, la route seul, des retrouvailles avec Sylvain, des plages de reve, des hospitalites chaleureuses, une faune delirante, des forets interminables, 1.300 km, une chute digne du tour de France, ou comment j’ai appris a soigner des plaies tout seul a 27 ans.

– Sydney – Le Choc – 11-16 nov

– Plages de reve et voyage en couple – 17-24 nov

– Back on the road on my own – 25 nov – 1er dec

– Terminer le voyage tous les deux – 1er-4 dec

– Quelques Conclusions

– Bonus: impressions et photos de Christine ! (suite…)

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km 7200 – Teheran/Mashaad – Invités professionels

Bonjour a tous les lecteurs !

Voila plus d’un mois que je suis sobre. Je suis en Iran.

Mon corps semble l’accepter, mais mon esprit reclame une bonne pinte ou un Tipunch dans un bar, detendu du slip avec mes potes. Mais bon a defaut de la fraicheur d’une biere nous avons goute a la chaleur des Iraniens.

Nous voila a Mashaad, nous avons traverse la moitie de l’Iran en velo ces deux dernieres semaines. Entre deserts et montagnes, nous avons verifie la legendaire hospitalite des Iraniens. Nous sommes devenus des hotes professionels, on a passe notre Master en hebergement et rencontres d un soir, option « on parle pas la meme langue ». Bon on etait avantages avec une guitare, deux harmonicas, les photos du voyage qu on a tirees a istanbul. Mais on a pas mal bosse les sourires, le langage des signes et le Farci.

Treve de generalites, on retient effectivement l’hospitalite qu on a recue sur la route, difficile de trouver un coin isoles dans la nature!

Ci-dessous, les photos, et le recit de ces 1100 km, rythmes par 3 matches de l’equipe de France. Faire de l’internet est ici une bataille, voila deux jours qu’on essaye de mettre a jour nos blogs, entre l’extreme lenteur des connexions, les filtres sur la plupart des sites connus, les ecritures de gauche a droite, et la rarete des cybercafes. Donc on vous montrera les videos la prochaine fois.

Je vous laisse retrouver la correspondance entre le recit et les photos

Nous avons quitte Teheran et nos premiers hotes Mehdi et Mariam le mardi 12 juin. On a choisi comme d’habitude notre route a la tete de notre carte au 1:1.000.000, et sur quelques conseils de Mehdi. Nous ne passerons pas par la Caspienne car trop frequentee, mais par la route qui longe le desert jusque Sharhud, puis nous monterons vers les montagnes qui longent le Turkmenistan, jusque Bojnurd, pour redescendre vers Mashaad. Evidemment tout le monde nous conseille d’aller au Sud de L’Iran, Shiraz, Isfahan, Yazd, mais nous n’avons pas le temps et preferons rouler que d y aller en bus. Comme pour tous les pays, ne ne faisons que les traverser, nous y goutons un peu puis nous passons au pays suivant. C’est un voyage d initiation. Il nous restera toute la vie pour retourner approfondir les pays auxquels nous goutons.

Retour a la montagne

Nous sommes donc partis gaiement apres 5 jours de pause, pensant longer le desert. Mais ca monte gentillement, et ca ne s arrete pas de monter ! Nous ferons 700m de denivelee le premier jour, dans un trafic intense de la sortie de Teheran. En fait on s est diriges vers les montagnes. Le soir, nous plantons nos tentes pres d une riviere apres s y etre fait diriger par un sympathique local. Tranquillement on fait nos pates, on se detend, on rentre dans nos tentes, puis le voila qui revient avec un ami, panique. « Il faut partir ! Pas bon ! Ici bad people ! ». Il nous propose alors de dormir sur le bitume devant la mosquee, a la lumiere du lampadaire ! Comme on tire une sale tete, le jeune qui l accompagnait nous propose finalement d’aller chez lui, ou on se sent bien en securite ! Alors comme partout ensuite, sa maison c’est une grande piece, recouverte d’un grand tapis et c’est tout ! C’est simple et c’est bien ! Apres avoir bu un bon the et fait un peu de musique on s endort tranquillement.

Le lendemain, ca monte encore ! on passe les 2000m ! On ne pensait pas s’y retrouver depuis la Turquie ! On passe Firuz Kuh puis on emprunte une route secondaire beaucoup plus tranquille, qui longe une riviere au bord de laquelle on plante les tentes le soir. Tranquilles, au milieu des milliers de criquets geants qui ont envahi la region. On pense faire une bonne action pour les locaux en en shootant quelques uns dans la riviere. Ce sera notre divertissement du jour. Je crois que c’est ce jour la dans une descente large et droite que j’ai pousse mon record de vitesse a 76 kmh !

Jeudi, on poursuit notre montee, puis on passe un col. 2400 m ! Qui l eut cru. Nos cartent ne donnent aucune indication d’altitude. Notre col record se situait en TUrquie a 2430m. Puis vient la belle redescente vers le desert a 1000m. 15km de descente, a observer les belles montagnes arides autour. On se fait controler par les flics dans la descente ce qui etait plus un pretexte pour nous rencontrer. Dans le doute, je prefere eviter les flics et les militaires. Souvent sympas mais il suffit de tomber sur un chiant … Des flics, il y en a partout sur la route. Tous les 20km on voit une voiture et un flic qui controle les depassements de vitesses des voitures, et toujours, toujours, un automobiliste qui s est fait arreter a cote.

Tiens puisque je parle des voitures, dedicasse a mes oncles, une voiture sur 5 doit etre une peugeot ici. Et la 206 est la voiture de monsieur tout le monde !

Puis viennent 40 km de plat descendant vers Semnan. 35kmh de moyenne sans forcer, je suis au Paradis des cyclistes. Sylvain est un tout petit point dans mon Retro, je profite de la musique et des paysages

Autre chose sur la route. Les Iraniens sont tellement curieux, il nous arrive plusieurs fois par jour qu’un motard ou un conducteur en plein milieu de la route ralentisse a notre vitesse, ils nous abordent en Persan, tranquillement, juste car il sont trop curieux. On repond dans tous les cas « Farance!' » Puis ils nous laissent tranquilles. On se sent deranges. Encore pire quand ils s arretent devant nous alors qu on est dans l effort en plein milieu d une montee ! Pas moyen qu on s arrete pour taper la discute les mecs !.

Les jours des aires de repos

On repart apres un bon Kebab a Semnan, et une sieste a l ombre des arbres derriere une aire de repos. On est sortis un peu trop vite de la ville et les sacoches sont vides. Plus de pates pour le soir ni de petits gateaux pour les pauses. On pense trouver ca a la prochaine ville, a 27 km sur la carte. En longeant le desert plat il y en a pour 1h30 pas plus. Mais ca monte …. ca monte ! Ca ne s arrete pas de monter ! On nous ramene vers la montagne !! Mais pourquoi ! On paye alors cher notre insouciance. On fait 30 km sans trouver la fameuse ville, on commence a faiblir mais il faut rouler, toujours monter. Allons nous mendier des pates dans une des rares maisons sur le cote de la route ? On fait une pause tout de meme dans l une de ces maisons. Le vieux bonhomme nous invite a decrocher quelques mures blanches de son arbre, ca nous redonne qq forces. Il nous indique un Market un 1 km. On monte encore 5 km sans rien voir. Puis on tombe sur une station service en reparation. Un market dedans, sauves ! Il est tard, on demande ou dormir et le gerant nous invite a passer la nuit dans le batiment a cote ou quelques travailleurs logent. On passe ainsi la soiree avec l architecte et le respo telecoms de la renovation de la station. Evidemment, ils nous invitent a partager leur repas, nous n aurons meme pas a ouvrir le paquet de pates achete juste avant.

6h15 de velo ce jour la, journee intense et complete, mais qui se finit bien ! L apres midi, dans la montee de notre autoroute qui plongeait vers la montagne, nous avons depasse des marcheurs ! C etaient des pelerins Irakiens ! Comme nous ils vont a la force de leurs jambes vers la ville sainte de Mashaad, il y a la bas le tombeau de l Imam Reza.

Le lendemain matin, 15 juillet, nous les recroiserons, ils nous ont redepasses le matin. Ce jour la nous n avons qu un objectif: regarder France-Ukraine qui passe le soir a 20h15. La route descend. Le vent s est leve et on peine a depasser les 20kmh sur du plat. C est penible mais on a deja vecu ca. Le soir, toujours le long du desert, on trouve encore une belle aire de repos ! Il y a des teles et les commercants iraniens fanas de football vont regarder le match eux aussi ! Pour assurer le coup on prend une chambre a 15 euros. Il y a la tele. Le match commence mais la tele de notre chambre crache ! Un responsable de l entretien passe nous changer le decodeur … la tele finit par etre en clair, le match France Ukraine passe bien sur la chaine publique Irannienne, et … match suspendu pour cause de pluie !!! haaaaa !!!! Horrible ! Ascenceur Emotionel ! Heureusement 1h apres le match a repris et on a pris du plaisir a voir l equipe de france mettre 2 buts.

Sur l aire de repos a cote, les tentes ont pousse, en fait c est tout a fait courant en Iran de planter ta tente au milieu de l aire de repos. Si on avait su on aurait pas pris notre chambre. .

Raccourci dans la campagne)ش

Nous reprenons le velo le lendemain pour arriver a Firuz Kuh. Le vent n’a encore pas été clement et la moyenne est descendue a 16kmh alors qu’on est sur du plat. C’est ici qu’on quitte l’autoroute pour prendre au nord vers les montagnes Turkmenes. Le vent se fait encore plus fort l’apres midi et j’enrage a nouveau.

J’ai un probleme avec le vent. La pluie, la montee, le soleil, le froid, je les accepte. Le vent je l’accepte pas. Il est imprevisible. Impossible de dire si il va souffler le matin le midi ou le soir. En revanche si il souffle dans une direction un jour il est rare qu’il se renverse du jour au lendemain. Pas de chance pour nous il est contre nous. On peine a avancer a 14 kmh sur du plat, c’est une epreuve et je suis obsede par le vent. Sans lui que ca monte ou pas la route peut etre agreable, je profite des paysages, je pars dans mes pensees j ecoute la musique. Vent de face tout est noir et j’enrage interieurement. Bref je suppose que j’ai encore a apprendre pour l’accepter et etre en paix avec cet element.

Le soir en essayant d’atteindre un Spot sympa ou on serait tranquilles, on tombe nez a nez avec deux Iraniens qui prennent un the pres de leur petit abri apres leur journee de travail dans les champs. On est invites a prendre leur the. On passe la soiree avec eux. Ils passent des coups de fils. On comprend « Farance » et « Dochalre » (velo) dans leurs conversations. Un ami s’amene ! Puis toute la famille de l’autre ! On partage leur Kebab, on passe une bonne soiree, mais on se couche tard a nouveau alors qu’on avait prevu de se lever tot.

Nous partons le lendemain a l attaque d un nouveau col, contre le vent, a plus de 2000m. On se separe de la route principale pour tenter un raccourci d’une centaine de kilometre. On se retrouve bien plus tranquilles, on passe de magnifiques villages, et le soir on trouve un beau spot pres du lit d’une riviere. Tranquilles enfin ce soir ! Evidemment pas completement, les iraniens sont partout, et on voit defiler tous les paysans ou bergers qui rentrent chez eux pour le soir.

Le 18 juillet nous passons un dernier col vers 2000m. Le midi on dejeune dans un abri avec des agriculteurs. Le vent est toujours de face, mais on sait qu’on va prendre un peu d’angle l apres midi. Et oui, c’est arrive ! on a le vent dans le dos !! Mais rien ne pouvait etre parfait, on debute une piste avec des cailloux gros comme une main, impossible d’avancer a plus de 12kmh (photo n&b avec le camion)!! J’enrage a nouveau !! Mais cette route change quand meme et le paysage desertique  autour est beau. On arrive fatigues dans un village. Il pleut. On cherche un abri. Le marchand du Market nous indique tout naturellement la mosquee du village dans laquelle on passera la nuit.

Le 19 juillet, nous retrouvons la route principale qui va vers Bojnurd. Lors d’une pause, comme il pleut et qu’on s’abritait sous un arbre, la famille d’a cote nous invite a prendre un the a nouveau, avec comme d’habitude tomates, salade, fromage, pain, le tout produit par eux-mêmes. On a l’habitude de se retrouver dans une grande piece sur un tapis a raconter ou on va et d’où l’on vient avec leur quelques mots d’anglais et nos qq mots de Farci. Les filles, il doit y en avoir dans la maison mais elles se cachent pour nous observer ! On discute qu’avec les garcons qui ont tous un meme papa mais deux mamans differentes !

Le soir, meme situation dans un village etape 70km plus loin, mais avec une tele pour voir le match de la France a 23h15 ! Deception, la chaine passe le match Angleterre|Ukraine ce soir la, ce qui nous evite finalement de voir l equipe de France se prendre deux buts d’Ibrahimovitch.

Le jour suivant nous arrivons a Bojnurd ou nous prenons une journee de repos, accueillis par Saeed et sa famille, de CouchSurfing, dont la maman nous prepare les meilleurs repas qu’on ait eu jusqu ici.

Vers Mashaad en un trait

La route a partir de Bojnurd est bien plate. On fait 100km par jour, en 4h30 environ. La moyenne est bonne. La route est bonne mais chargee et le paysage peu interessant. Et le vent dans le dos ! Ces etapes la, ca me fait penser a la voiture sur l’autoroute. Tu fonces sans donner d’effort. Tu peux partir dans tes pensees. Je pilote, je gere les bagnoles, les depassements, j’observe le compteur, les kilometres defilent, un peu comme un grand deplacement en voiture sur l autoroute..

Un de ces piques nique a l’ombre d’un arbre, un episode m’a marque. Les mouchent pullulaient sur la bache, par centaines. Pas moyen de se faire un sandwiche. Sylvain s’est enerve comme jamais contre les mouches, hors de lui pendant 10 secondes. Mais elles ont gagne et on a du se deplacer. Sylvain est un super compagnon de route, on s’entend bien, et on a une bonne complicite. Mais il faut pas le faire chier sur la bouffe, et sur le sommeil. Gare a celui qui va lui gacher son repas ou sa sieste ! Ca le met en rogne le mec. J’apprehende le moment en Asie Centrale ou en Chine ou il faudra se passer de manger pendant une journee. Parlant de ca on mange enormement je crois. Quand on est invites on est toujours les derniers a continuer de bouffer du pain avec n importe quoi pendant que nos hotes nous regardent ! Marrant ! Mais il nous faut bien nos calories journalieres non ? l.

Arrives le 23 a 60km de Mashaad dans une grande ville, nous avons la nouvelle mission de trouver une tele pour regarder France-Espagne. Ils vont peut etre nous faire rever ce soir ! Mission plus compliquee que la derniere fois dans une grande ville. Un moment ou on demande des informations a des locaux et qu’un groupe de curieux s’est forme autour de nous, un bonhomme s’arrete en voiture, ils nous dit « c’est bon venez chez moi ». Youpi ! Comme la tradition hospitaliere l’exige il nous prepare le the et le repas. On se fait engueuler quand on essaye d aider. Et on regarde la pietre prestation des Français sur sa tele en compagnie de ses deux potes aveugles. Tout ca pour ca !

Mashaad

Voila, nous sommes arrives a Mashaad, accueillis par Amir et Homa de CouchSurfing. Ils nous recoivent royalement dans leur bel appartement, et ont a cœur de nous faire visiter leur ville et decouvrir leurs amis. Ils sont tous les deux professeurs de Francais, et parlent donc parfaitement notre langue, on peut converser plus que d habitude. Merci a eux !..

Et voila. Mon compteur affiche 7200 km maintenant. Nous apprehendons comme toujours demain d’aller a l’ambassade Turkmene ou on espere recuperer nos visas, pour pouvoir entammer une nouvelle partie du voyage, l’Asie Centrale !

Bises a tous, merci pour vos nombreux commentaires qui me donnent envie de continuer ! Merci pour vos appreciations sur le blog et a chaque articles.


km 6200 – Riding Tehran

Salam !

Teheran (tiree de google image)
Voila, on a passé la frontiere Iranienne la semaine derniere. Un pays de plus a decouvrir ! Heureusement nous ne sommes pas parachutes, et nous sommes forts de l experience d un mois en Turquie dont la culture est relativement proche.

Voici les quelques photos relatives a l article, et les recits sur l Iran en dessous.

Attention a toute la Sylvain Family ! apres la photo preuve de Sylvain qui sait faire sa lessive il y a trois articles, vous trouverez ici la photo preuve de … Sylvain qui sait faire la cuisine pour nos hotes (sous les yeux admiratifs de la petite soeur) !!

Frontiere jusque Tabriz

Depuis Dogubayazit nous avons fait la route jusque Tabriz. Nous sommes redescendus petit a petit vers des plateaux a 1000m d Altitude. Les paysages et le climat se sont faits plus chauds et secs. Nous avons fini par y arriver dans ces contrees desertiques et arides !
A peine la frontiere passee, nous avons entamme 4 jours de semi desert. Tres peu de vegetation. Le sol jauni par le soleil, souvent craquele. Et la chaleur intense entre 10h et 16h.
On a egalement choppe une heure et demie de decalage horaire ce qui nous a recale par rapport au soleil. On part donc plus avec le soleil du matin, et le soir il fait jour plus tard. On etait completement decales au bout de la Turquie pour un mois de Juin ! C’est ce qui peut arriver quand on roule toujours vers l’Est pendant des mois.
Nous experimentons donc un nouveau type de randonnee a velo et et un nouveau besoin apparait: la recherché de l ombre. Quand on roule ca passe, on se cree un peu de vent, mais on doit boire beaucoup plus. Ma gorge s’asseche et je me mets a verser quelques gouttes sur mon bandana comme les coureurs du tour de France. Pour la pause dejeuner le besoin premier est de rechercher un coin d ombre. Quand il n y a pas d arbre alors que le soleil est au Zenith, on tend la couverture de survie entre nos deux velos !
Bref, cette chaleur n est pas non plus invivable, ca ressemble disons a un bon ete caniculaire en France. Nous, on prend ca dans notre philosophie San Go Ku, comme un entrainement extreme pour la traversee du desert du Turkmenistan a venir. On passe petit a petit notre level de super guerriers du desert.

Durant deux jours on a pas croise de vraie ville, uniquement des especes de villages type western ou des commerces on pousse au bord de la route. Et quand on part le matin avec la sacoche bouffe vide, comme on n avait en plus pas de carte de l Iran (on fonce tout droit vers Tabriz tout simplement), l angoisse du prochain commerce grandit. Quand les sacoches sont pleines, dont 2L de jus de fruit, et les 6L d eau remplis, le moral est bon, on sait qu on est en autonomie !
Petit a petit on rencontre les Iraniens, on apprend qq mots et on se familiarise avec les prix et la monnaie. On doit se re adapter a un pays et une culture. Le voyage est une adaptation permanente. On est tout nus au debut de chaque pays, on est paumes, perdus et les moindres taches courantes prennent  beaucoup d energie. Puis on finit par se sentir a l aise avec tout et avec les habitants.
Le deuxieme jour, qq km après le pic nic dejeuner, en plein milieu de notre route du desert, on tombe sur un Cyclo Tcheque, Franck ! Il a fait toute la route depuis la chine , il passera en turquie le lendemain! Il nous donne ses conseils sur la route en Asie Centrale, nous sur la turquie, on lui donne notre carte de la turquie, et lui nous donne sa carte SIM Iranienne ! J adore les rencontres-croisement ! Apres 20 mn chacun reprend sa route !
J avais appris depuis longtemps que les Iranniens aimaient le camping, je ne savais pas qu ils faisaient ca au bord de la route ! Ils sont tous assis sur une petite nappe et prennent du bon temps au bord de la route a cote du traffic. Certains nous invitent a prendre un bout de pasteque avec eux. On ne passe evidemment jamais inapercus.
Le soir nous aurons campe 2 fois pres d une riviere longee par la route, au fond d une gorge qui descend vers un nouveau plateau aride. Une de ces nuits des bonhommes passent pres de nos tentes en marchant dans la riviere tranquillement. Les iraniens sont partout ! On ne dort toujours que d un oeil dans ces moments la surtout quand on ne connait pas le pays et la tolerance au camping sauvage. Les mecs eclairent nos tentes, puis passent leur chemin sans nous deranger, on ne saura jamais ce qu ils faisaient la a cette heure ci. Ce n est pas la premiere fois que ca arrive, j ai fini par prendre confiance. Chacun fait sa vie. Quand on est en camping au bord de la route on essaye de se faire discret, et quand il y a un peu de civilisation on essaye de demander a un proprietaire de planter notre tente comme c est arrive a Marand.
Voila donc, en 4jours et une bonne moyenne d environ 90km par jour, nous avons attaint Tabriz ! Comme d habitude on arrive paumes dans cette grande ville, sous le soleil de 13h, avec 2 missions: changer nos dollars en Rials dans la rue (on nous a avertis que les banques s en mettent plein les poches)trouver la gare et acheter des billets pour Teheran.
Apres ces 60 derniers km du matin, et ces deux missions a remplir, la journee a ete fatigante. Mais le train, une dizaine d euros chacun, est un vrai palace ! Personne dans le train, des bons sieges, petit gouter offert etc… C est un confort  et un repos d une nuit bien apprecies après ces 4 jours de campings.

Teheran

On est parachutes au milieu de Teheran, avec seulement 4 jours d experience de l’Iran. Notre mission premiere ici est de recuperer notre visa Ouzbeque et lancer la procedure de Visa Turkmene pour le recuperer a Mashad.
Comme on est arrives le matin, nous tentons d atteindre les ambassades de ces deux pays sachant qu elles ferment a 11h, sans connaitre Teheran. Apres 5 km, on se rend compte qui l nous en reste 10 a parcourir dans ce traffic de fou, avec nos velos charges, la chaleur, et la fermeture proche des ambassades. La ville a eu raison de notre ambition.
Teheran est une ville de dingue ! 30 km de long. Perchee a 1200m. Toute en montee a 3 pourcents au pied des montagnes, des avenues de 15 km, un traffic et une pollution extreme. Pas de regles, pas de code de la route. Pas de politesses au Volant. Des legendes racontent qu un taxi mettrait deux heures a traverser la ville. La ville est un quadrillage de rues interminables. Pas de centre précis, un grand carre de 8km sur 8 un peu plus actif que le reste.
Alors donc on a abandonne. On part  installer chez nos CouchSurfers. Mehdi  et Maryam vivent dans un grand appartement en ville. C’est un jeune couple. Mehdi est ingenieur et Maryam psychologue.  Ils aiment randonner partout en Iran. Nous nous sentons bien chez eux, et nous nous reposons.  La cousine et la soeur de Maryam passent aussi qq jours chez eux. Merci tellement a eux .
Nous sommes un jeudi, le debut du week end ! Les ambassades sont fermees demain et reouvriront dimanche !
Alors on en profite pour remplir nos missions. Nous avons une ToDoList chargee en plus des visas: Acheter un filter a eau, racheter des patins de freins, du repulsif a moustique, un nouveau pantalon etc… etc… Dans cette ville geante il s agit bien de veritables missions pour nous. Il nous semble plus pratique de parcourir la ville sur nos velos decharges pour aller de quartier en quartier remplir nos missions. C’est digne des meilleurs jeux videos de courses urbaines. L’attention est permanente, il faut avoir des yeux partout, tout anticiper. Rouler en sens interdit n est pas plus dangereux que le sens normal, au moins rien ne peut te surprendre par derriere. Parfois tu roules dans le sens normal et une moto arrive en sens inverse, on se regarde dans le blanc des yeux pour savoir qui va faire un ecart et dans quel sens. On se faufile entre les bus et les voitures, dans la chaleur et les pots d echappement. Comme pour nous planter le decor, le premier jour on passe a cote d une scene d accident, le second jour de velo, nous assistons a un accident en direct entre une moto et une voiture, le lendemain nous croiserons une voiture plantee dans le trottoir. Bref ce jour la nous faisons 30km ce jour la et avons rempli toutes nos missions et meme fait un tour au Bazar, qui serait a l image de sa ville, aussi complique a cartographier que le systeme d’information d SFR.
Le lendemain nous partons pour le nord de la ville pour les ambassades. Apres 1h  de velo, 1h d attente beaucoup de stress et 75 dollars chacun, nous avons notre entrée pour l Ouzbekistan ! On file a l ambassade Turkmene ensuite pour donner nos papiers pour demarrer les procedures. C est dingue, on dimensionne tout notre voyage autour de l obtention des Visas, tout ca pour passer 5mn a donner 3 papiers a un employe. Les administrations tournent bien, et finalement tout est dans la maitrise de l information: quand le consulat est il ouvert, quels papiers sont necessaires, ou est situe le consulat. Une info obsolete peut vous couter des jours a rester dans une ville ultrapolluee. Pour ca, merci aux membres actifs de voyageforum.com ! Et merci a Medhi qui a appele les consulats pour nous.
Avec le retour et quelques detours dans la ville nous avons fait 42km dans la journee !

Quelques Iranian Facts
–    A Teheran, il n’y a pas de bars ! Est ce imaginable dans une grande ville ? Il reste les parcs et quelques rares cafes, les restaurants pour se retrouver. Principalement les Iraniens font la fete discretement chez eux.
–    Flirter est complique pour les jeunes car interdit en public, il faut aller chez soi mais comment faire quand les deux habitent chez leurs parents ?
–    A Teheran, les gens sont plus liberes et on peut a nouveau parler librement avec des filles ! Ca fait du bien après la campagne turque surtout qu elles sont tres jolies !
–    En Iran, mon site est filtre, facebook aussi, google.fr, youtube, et plein encore !!

Pour terminer, nous n aurons jamais eu de meilleur repos qui ci chez Maryam et Medhi, nous n aurons jamais passe autant de nuits au meme endroit (5). On a meme regarde des DVD ! J ai refait le plein d energie du voyage et suis pret a reprendre la route demain ! Ce soir nous serons une derniere nuit chez eux pour voir comment l equipe de France se debrouillera face a l Angleterre !

A bientot !


km 5840 – La vie a 2000 m

Nous sommes a 30 km de la frontiere Iranienne, a Dogubayazit. Et on a fait de la belle route depuis Trabzon ! On s est leves ce matin sur cette vue:

Le mont Ararat est a cote de nous, majestueux.  5100m plante au milieu de montagnes et plateaux a 2000m.

Je commence l’article avec les photos, toujours chronologiques, parcequ elles sont jolies et que c est plus allechant que le texte. Impregnez vous en puis lisez les recits !

J ai egalement fait une petite video ce matin, toujours impressionne par cette montagne, j ai failli me peter la gueule. Enjoy. Par contre mettez la en grand ecran sinon on prend le mont ararat pour un nuage.

Video ici

Enfin pour plus de photos de ma tronches celles de Sylvain ici et n oubliez pas de lire son article.

Samedi 26  mai – Separation

Les differences de voyage ont pris le dessus. Nous disons Au Revoir a Elie a Trabzon. Sylvain et moi reprenons donc la route, nous devons regagner la montagne, objectif Erzurum a 2000m !

Le vent nous est toujours favorable sur la cote de la mer noire. Apres 50km faciles nous plongeons au Sud vers les montagnes. Nous suivons une riviere, et le temps etant toujours incertain, nous retrouvons nos vieilles habitudes des bivouacs dans les maisons en construction ! Nous en trouvons une belle perchee sur le flanc de la montagne.

Dim 27 mai – 2000m de denivellee

4 routes nous permettaient de retrouver la montagne pour aller a Erzurum depuis Trabzon. La plus evidente, en rouge sur nos cartes, est plus longue et en plus donne l impression de revenir en arriere. Nous choisissons la plus courte ! Bien qu en jaune et blanc sur ma carte … Elle passera par un col a 2200m.

Ce matin, on attaque la montagne, ca y est ! On part de notre maison a 200m. Ca monte tranquillement. Puis on se separe de la route principale. Ca monte sec mais on est en forme. Comme partout en turquie il y a des travaux, la route est en chantier. Derriere ce chantier, la piste ! Asphalt Yok ! Plus d’Asphalte. Pas grave la piste n’est pas si mauvaise et on a encore espoir de retrouver de l asphalte plus loin.  Mais la route est de plus en plus fine et caillouteuse. Pas grave, on monte, on est engages maintenant. On se retrouve ni plus ni moins sur un chemin de randonnee legere, avec la place pour laisser passer une voiture. Quelques 4*4 nous depassent de temps en temps nous rassurant sur le fait que cette route n est pas un cul de sac. Pas grave, on monte.

1200m, on fait une pause dans un petit village perche dans la montagne. On s arrete pres de la mosquee pour prendre de l eau. L immam qui habitait la, un jeune type, nous invite a prendre le the. Il communique avec nous avec son Ipad branche sur google translation ! Tout ca pour dire les memes choses que ce qu on echange d habitude avec les gens … Bref, ca a l air d etre une bonne situation Immam !

On reprend notre montee.

Video de la montee par sylvain

1500m, on fait la pause dej dans le chemin. Le chemin est de plus en plus caillouteux et troue, le plafond de nuage commence a descendre sur nous, ou on monte vers lui.

1500-1900m. La puree de pois. Le chemin serpente en lacets a flanc de montagne. On ne voit pas a 15m devant nous et c est humide. Ca monte tres sec. Je suis sur mon premier plateau premiere vitesse ce qui est tres rare. Le chemin est boueux et caillouteux. J ai mal au cul, mal aux bras, dans l effort, j ai mal au velo, mal aux sacoches, mal a la guitare. Quelle mauvais sentiment que l impression de pourrir mon velo ! La pluie s invite. on est trempes. Quand les chocs sont trop intenses je pousse mes cris  »Outchi » ou  »Itcha » pour me donner du courage  et plus souvent   »Tchaaaaa » pour evacuer la colere. C est difficile moralement mais c est bon d etre deux dans ces moments la !

Un 4*4 passe au milieu des lacets, ce qui nous prouve que cette route ira bien jusqu au col !

1900-2100m, les nuages se degagent, la pente est moins raide, elle redevient une piste de terre. On finit par arriver au col. Il fait beau ! Les nuages sont derriere nous, sur la face Nord ! On l a bien merite ! 5h50 de montee, 50 km.

On a egalement merite de chercher notre bivouac dans une belle descente toujours sur piste. Apres qq km, le bitume revient ! Quel bonheur.

Apres avoir traverse un village fantome on arrive dans un petit village bien vivant. On est plantes au milieu de la petite place et l attroupement ne se fait pas attendre. On demande ou on pourrait dormir et on nous emmene dans la salle commune du village ! On aura un bon matelas ce soir.

Et il nous arrive alors un  »Battle d’hospitalite » a la turque. Alors qu on prepare nos pates le voisin nous emmene un grand plat de pate avec du pain et du fromage local. Un autre jeune plus tard nous apportera le the etc …

Lun 28 mai

Evidemment le petit dej etait inclus. On prend le petit dej avec un autre hote (photo ou sylvain pousse son velo en NetB), et on reprend la route. On a un autre col a passer aujoudhui ! On descend a 1600 m et il est a 2300m. Sur la large route principale goudronnee, ce sera de la gnognotte par rapport a hier !

On passe par Bayburt faire des requetes de CouchSurfing pour Teheran. C est la ville avec les murailles sur les photos.

Ce col se revelera etre a 2400m, la vue est tres belle de la haut.

Le soir dans la descente encore on trouvera un batiment abandonne plein de tags. Le temps est toujours changeant et on s y sent a l abri.

Mar 29 mai – Erzurum

On arrive a Erzurum apres 80 km. Le vent nous est globalement favorable alors on ne se plaint pas meme si la route prend parfois un angle contre le vent. Arrives a Erzurum en attendant notre hote de CouchSurfing on joue un peu de musique discretement sur la place principale. Mais les turcs sont tellement curieux ! Un attroupement se forme autour de nous et ca se transforme en petitconcert !

Mer 30 mai – Km 42

Nos journees ressemblent a ca. Rouler/Manger/S abriter/Dormir. Le temps est toujours incertain, nuageux, l impression qu il peut pleuvoir et orager d un moment a l autre. On roule sur des grandes routes droites entre 1600 et 1800m, sur des plateaux entre les montagnes.

Apres la pause de midi on trouve Jean sur la route ! Le Cyclo qu on avait deja vu a l ambassade d iran a Trabzon. On fait un bout de route ensemble.

Le soir, au km 42 on dort dans la montagne pas loin de la route pres de grand rochers. Il se passe enfin qqch d interessant a un km 42 ! On echange avec Jean qui a beaucoup voyage ces 15 dernieres annees. Et c est son premier voyage a velo ! Il compte arriver en Inde en Janvier.

Jeu 31 mai – Kurdistan

Un autre col a monter. de 1700 a 2100m, et sur la grande route c est tranquille. On croise beaucoup de troupeaux de moutons chevres et de bergers qui les accompagnent.

On passe la ville chaotique d Agri. On trouve a planter nos tentes pres d un village face a la plaine tres verte ou paturent beaucoup de moutons. Nous sommes le theatre d un nouveau battle d hospitalite. Pres de nos tentes on nous apporte le the, du pain et du fromage local, on discute avec nos amis bergers turcs. Que dis je ! Ils nous ont bien fait comprendre, ils sont KURDES ! On est au Kurdistan ici pas en turquie ! Je n ai pas vu la difference les gens sont toujours aussi curieux et aimables. Bref Pas besoin de faire les pates ce soir encore.

Ven 1er Juin – Bains chauds

Il fait beau ! Grand beau ! Depuis 2 jours ! C est chouette. Le vent nous est toujours favorable et c est facile d avaler les km sur ces grandes routes. On fait un petit detour pour profiter d une source d eau chaude naturelle ou les turcs viennent prendre des bains chauds. C est tres chaud ! Allez voir les photos de sylvain. Le soir on se fait un beau campement pres de la riviere.

Sam 2 Juin

Direction Dogubayazit et le magnifiıque Ishak Pashar sur fond du mont ararat. On passera une belle nuit sur un bivouac surplombant la ville (photo d intro de larticle).  On est berce par le chant des minarets qui se repondent au loin dans la ville … et deux enfoires de chiens qui n aiment pas trop qu on soit ici et que j ai du chasser a coup de pierres ! Les chiens, desole Nono, mais c est la pour te pourrir la vie. Juste pour faire chier les gens a aboyer n importe quand et te poursuivre sur ton velo.

Voila la fin des aventures, aujourd hui est notre dernier jour en Turquie, ce soır on dort en IRAN ! Et tout est a reapprendre !! La langue l ecriture la culture etc …

Hey ! Petite photo de derniere minute, Sylvain, ce blond a barbe rousse ce matin au Ishak Pashar qui a croise un groupe de jeunes etudiantes … ca donne ca !